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Chute et décomposition des empires: de quoi sera fait demain? (épisode 3)

par | Déc 16, 2020 | Non classé | 0 commentaires

Interrègne, chute et décomposition des empires – Il aura fallu un siècle, tu l’as sans doute observé, pour que l’ordre des vieux empires d’inspiration grécolatine ait cédé à celui des empires héritiers des lumières, un seul d’entre eux survivant aujourd’hui. L’Histoire ne se répète pas, mais elle a des constantes. Nous le constaterons dans de futurs épisodes.

Les vieux empires « du territoire », qu’ils fussent romain ou romain-germanique, prussien ou tsariste, voire même ottoman, chinois, ou nippon, étaient des empires cautionnés par le sens du sacré, immanent et incontesté. Ils tentaient de donner un sens à la diversité, la préservant tout en offrant aux populations un système institutionnel et religieux intégré. Car il s’agissait d’assurer la survie de tous dans un monde dangereux. L’attitude y était verticale : les pieds dans la glaise, la tête dans les étoiles.

Ces vieux empires du tangible avaient pétri le monde, et le dominaient, se disputant ses ressources naturelles, ses métaux précieux, et fonctionnaient principalement en autarcie, au sein de leur sphère d’influence. Ainsi fonctionnaient les empires du sol, de l’espace économique et des pôles de croissance. Jusqu’au vingtième siècle, épicentre de leur suicide.

En parallèle un nouveau monde émergeait avec la Réforme protestante, celui de l’économie, du commerce et de la finance, brillamment incarné par l’Angleterre ou la Hollande. Un monde bien défini par Adam Smith dans La richesse des nations, celui des frontières ouvertes et du laisser-faire et du laisser-passer les choses, les hommes, les idées. Cadre mental de la pensée moderne des Lumières, qui enfanta la Raison universelle et la Volonté générale. Sans oublier le culte du bonheur pour tous, à accomplir par la force si nécessaire. Autant d’instruments au service d’une vision horizontale du monde, universelle, liquide, protéiforme.

Deux empires modernes en sont nés sous nos yeux, se voulant promoteurs du bonheur de l’humanité : les États-Unis et l’URSS. L’URSS a chu après soixante-dix années de dilapidation du travail réalisé par les Tsars Alexandre III et Nicholas II qui avaient fait de la Russie la bête noire des géopolitologues de Théodore Roosevelt qui voyaient en elle le successeur de l’empire britannique et surtout la possible future première puissance économique du monde.

Aujourd’hui seul règne un hégémon sur terre, les États-Unis. Mais déjà la Chine, empire archaïque autant que futuriste, doté d’une volonté de puissance immensément structurée, veut le remplacer au nom d’une humanité dont 80% de la population n’a cure du « modèle occidental ». Mais n’est-ce pas illusoire?

Car une nouvelle puissance sans limites vient de sourdre en ce siècle : celle des nouveaux Titans. Feront-ils de cet Interrègne celui de la chute et de la décomposition des empires?

(Suite au prochain épisode)

Photo: Irène d’Athènes, impératrice (https://www.youtube.com/watch?v=_xpZyq5KQWQ&t=173s)

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