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Un fauteuil pour deux: de quoi sera fait demain? (épisode 4)

par | Déc 27, 2020 | Non classé | 0 commentaires

Un fauteuil pour deux pour diriger le monde. Cette fois-ci Sparte compte bien gagner sa guerre du Péloponnèse. Préférablement sans coup férir.

Olivier Adam, analyste des profondeurs. Faisant le tour de la planète lors de ma mission d’assainissement de la population mondiale, j’ai pu identifier un analyste des profondeurs, Olivier Adam. Il affirmait en effet qu’en termes géopolitiques, Donald Trump était un coureur de régates en compétition avec les navigateurs de haute mer qu’étaient Vladimir Poutine et Xi Jinping, cependant que Recep Tayyip Erdoğan, patron de chalutier, rêvait de les rejoindre. Quant à ceux qui vont remplacer le tandem Trump-Biden, on pourrait fort bien les imaginer sur le pont de l’Arizona. Espérant que ce ne soit pas à Pearl Harbour.

Les nouvelles guerres du Péloponnèse. Il semble aujourd’hui que le monde, pour suivre l’historien grec Thucydide, et son vulgarisateur contemporain, l’américain et géopolitologue Graham T. Allison, se retrouve pris dans les tenailles d’un nouveau piège de Thucydide. Les nouvelles Athènes de l’histoire seraient donc condamnées à faire la guerre à toute nouvelle Sparte afin de la tuer dans l’œuf. En général, ce sont les puissances encore dominantes qui gagnent contre celles qui émergent.

Mais il arrive parfois l’inverse, lorsque les dominés en croissance placent bien leurs pions.

Génie géopolitique américain. Ainsi, en jouant de ses alliances, de son pouvoir financier ou culturel, la puissance montante américaine avait soutenu dès la fin du 19e siècle l’empire britannique contre l’axe germano-ottoman, tout en finançant la marine impériale japonaise. Quelques années plus tard, à la fin de la 1ere guerre mondiale, deux des trois principaux détenteurs de gisements pétroliers au monde, les empires russe et ottoman, avaient disparu. Cependant que l’empire allemand, moteur économique de l’Europe continentale descendait aux enfers, et que les alliés britanniques et français, épuisés, renonçaient à toute volonté de puissance. Victoire sans guerre (ou si peu) des États-Unis!

Échec soviétique: la Chine a compris la leçon. Championne du 20e siècle, aidant de façon intermittente mais régulière l’URSS, l’Amérique a tenté de reconstruire le monde après l’effondrement du soviétisme, épuisé par son incompétence, et ruiné par une course insensée aux armements. La Chine a donc compris la leçon. Plutôt que le choc frontal avec Washington, celle-ci a choisi depuis l’ère Bill Clinton l’encerclement et a réussi brillamment à vendre sa corde au pendu capitaliste.

Génie géopolitique chinois. Après avoir servi métaphoriquement de fournisseuse d’esclaves à l’occident, amassant ainsi un trésor de guerre considérable, la Chine a investi dans les secteurs technétroniques, d’abord en copiant, puis en innovant. Si l’Amérique usait à outrance de son soft power (« tout le monde » rêvant de finir à Malibu), Beijing au contraire abusait de son cash power, s’insérant dans le rêve américain : Hollywood, les universités, les think tanks, les capitalistes en quête de nouveaux marchés, les lobbies, et les politiciens américains qui, avec leurs sanctions, ont jeté Poutine dans les bras de Xi Jinping. Fin du rêve de la grande maison commune européenne de Gorbatchev!

Les adeptes de Sun Tzu. Par ses investissements dans l’intelligence artificielle, moins coûteuse que la course aux armements, par son très géopolitique archipel d’infrastructures mythologiquement baptisées « routes de la soie », par son contrôle élargi sur la mer de Chine du sud, ou encore en devenant le seul débouché aux sources d’énergies russes et iraniennes, la Chine veut contrôler la « nouvelle économie mondiale » autant que les technologies militaires de demain, tout en utilisant l’écologique et le sanitaire comme armes destinées à produire une « gouvernance mondiale ». Une gouvernance où Beijing sera incontournable.

Il n’y a qu’un fauteuil pour deux pour diriger le monde. Mais cette fois-ci la Sparte chinoise, titan technétronique encore méconnu, et aidée de Sun Tzu, compte bien gagner sa guerre du Péloponnèse. Sans coup férir?

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