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Voici ce que Vladimir pensait de Cuomo en avril 2020

par | Août 5, 2021 | Non classé | 0 commentaires

Suit un extrait du chapitre quatre (page 97) du livre Anahita: certains points sont d’une grande actualité dans la mesure où une guerre triangulaire entre Biden, Cuomo, et la faction Obama semble se dérouler en ce moment sous nos yeux

12 avril 2020 : Cuomo, destin américain ou boréal ?

1 860 000 cas dans le monde, 432 000 guéris, 115 000 morts — On est encore loin des millions de morts de la grippe de Hong Kong de 1968 ou de la grippe asiatique de 1957, qui n’avaient pourtant pas causé une rétraction d’un tiers de l’économie mondiale. Aujourd’hui, experts et politiques se regardent en chiens de faïence, n’osant pas prendre la décision de rouvrir l’économie. Angoisse. Il n’en reste pas moins vrai que les pays occidentaux sont entravés, leurs dirigeants terrorisés à l’idée de commettre une erreur. Et les jeux politiciens se réveillent çà et là.

Jünger, Traité du rebelle

Retenant sa casquette de la main, Vladimir se souvient, le vent frais glissant sur son caban, de ce que Jünger disait déjà, dans son Traité du rebelle : la peur est l’un des symptômes de notre temps, et seule une descente spirituelle en nous-mêmes nous permettrait de libérer notre imagination, nous ouvrant à la création (c’est-à-dire au poème), à cette foisonnante forêt, terre natale de l’homme, notre royaume intérieur, notre protection contre le chaos. Vladimir fait les cent pas le long de la plage, loin du virus. Il a quitté la ville de New York au début des mesures restrictives et a trouvé refuge en la résidence secondaire de Kathy, aux Hamptons, paradis des célébrités situé au nord-est de Long Island. Quoi de mieux pour réfléchir et se préparer à ses prochaines rencontres avec Anahita et les initiés de l’interrègne ? Il a tenté de contacter Alessandro. En vain.

Cuomo, homme providentiel?

Sa récente rencontre à Albany avec Andrew Cuomo, le gouverneur de l’État de New York, a été instructive. Le gouverneur est préoccupé par le retour à la croissance économique, car l’économie de son État est en chute libre. Mais il a bon espoir de voir le bout du tunnel. Confiant en l’expertise de Vladimir, tant médicale que commerciale, le gouverneur lui a proposé de faire partie de son cabinet de relance. Le gouverneur se méfie quelque peu des experts et des modèles et souhaite s’appuyer sur des personnes fiables afin de relancer l’économie dont il a la charge, autant que sa potentielle carrière politique. Car il devient influent auprès de certaines strates du parti démocrate. Un parti éclaté.

Indépendance sanitaire

Le gouverneur raisonne comme un PDG de grande entreprise, et non comme l’une de ces figures religieuses de Washington qui sombrent dans l’idéologie partisane ou dans le révisionnisme culturel, historique, et politique. Il a été, comme tous, choqué par la réalisation que le pays a abandonné son indépendance sanitaire au profit de la Chine. Un virus en cache-t-il un autre, celui d’une Chine réfractaire à l’autorité américaine ? Les dirigeants occidentaux se sont en effet réveillés un matin d’avril, réalisant leur totale dépendance à l’égard de la Chine, dont ils se demandent maintenant si la pandémie ne serait pas née d’une erreur de manipulation dans un laboratoire de Wuhan. Ces mêmes dirigeants passeront-ils à l’étape suivante, celle de l’autarcie en matière de secteurs stratégiques, comme ils l’annoncent avec détermination verbale de celui qui ne tient jamais ses promesses ?

Accords internationaux à deux vitesses

Déjà, les tenants des accords commerciaux internationaux rappellent que ce n’est pas si facile. Peut-être, mais force est de constater que le rêve de l’Occident de se transformer en univers de la matière grise et du service, tout en laissant les tâches « veules et primitives » à des ateliers internationaux de main-d’œuvre qui frisent le statut de loueurs d’esclaves, et ce bien sûr pour notre bien à tous, Occidentaux cupides, que ce rêve, donc, a des allures de cauchemar. Car la Chine, protégée par des accords internationaux à deux vitesses, est en passe de prendre le leadership dans les industries de base, les services, et les hautes technologies. En attendant les mines et l’agriculture.

La bataille de l’hémisphère Nord a commencé

Bref, pense Vladimir, pendant que les néoconservateurs américains, qui contrôlent désormais les deux partis, consacraient leur énergie à domestiquer l’Eurasie, de l’Islande à Vladivostok, la Chine plaçait ses pions dans la mer de Chine du Sud, colonisait l’Afrique pour ses ressources et terres rares, faisait main basse sur un long chapelet d’infrastructures portuaires ou de points stratégiques continentaux en achetant les gouvernements locaux, investissait massivement dans le secteur militaire, finançait ses lobbies à Washington ou à Bruxelles, tout en faisant la fortune des grandes banques d’affaires internationales. Et ce, au nom de l’anticolonialisme, du libéralisme, et de l’ordre mondial né après la chute de l’Union soviétique.

Démocrates divisés

Aujourd’hui, les démocrates américains sont partagés entre les modernistes, vertébrés enracinés dans l’authenticité et la singularité individuelle des États-Unis, et les postmodernistes, les invertébrés cyniques – les « liquides », en quête perpétuelle de coalitions arc-en-ciel, selon les besoins du moment. Vladimir ose l’espérer, pense que le virus aura un impact déterminant sur les élections présidentielles américaines à venir : certains parlent même de la possible entrée en lice du gouverneur Cuomo dans cette course, grâce à quelque subtilité procédurière, ou la prochaine. Les sondages internes le montrent, l’ancien président Joe Biden n’est pas à la hauteur. De plus, ce dernier est exposé à divers possibles scandales.

Jeux politiques à Washington

Il n’a pas également échappé à la sagacité de Vladimir qu’une campagne se monte contre l’homme-orange, visant à promouvoir l’idée qu’il a manqué fondamentalement à ses devoirs au début de la pandémie, qu’il a donc des milliers de morts sur la conscience et qu’il mérite, sinon d’être destitué, du moins d’être remplacé à la présidence par un gouverneur qui, lui, a prouvé son sens des responsabilités. Mais Vladimir sait bien que la politique est un sport cruel et incertain. Rien n’est jamais garanti. Il se concentre alors sur les vraies affaires, dont deux le touchent particulièrement : l’incroyable incompétence ou rigidité des bureaucraties de la santé aux États-Unis, et l’ardente nécessité de revoir les chaînes d’approvisionnement des industries biopharmaceutiques ou de l’instrumentalisation médicale. Pour commencer.

Autant de sujets à discuter avec ceux de l’Akhénaton. Car une question se pose pour les États-Unis : sont-ils une puissance continentale ou maritime ? En effet, ils ne sont plus la puissance mondiale unique qu’ils rêvent d’être. Ils devront choisir. Entre les deux parts de l’alternative, il leur faudra de plus faire un autre choix : sont-ils une puissance arctique, boréale, comme la Scandinavie, le Canada, et la Russie, ou non ? Deuxième choix.

Vladimir, satisfait, s’achemine vers le cottage de son amie Kathy.


Crédit photo: Reuters-/Mike Segar (Antony Fauci et Andrew Cuomo)

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