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VOIR LE MONDE OU LE RE-GARDER: HISTOIRE VISIBLE, HISTOIRE INTÉRIEURE

par | Jan 16, 2021 | Non classé | 0 commentaires

Voir le monde ou le re-garder? Voici un extrait d’Anahita et la Vipère des sables (un confinement peut en cacher un autre) qui nous présente un cadre de réflexion :

  • VOIR LE MONDE, OU LE RE-GARDER?

  Et Lubomir d’embrayer qui, s’inspirant d’Abellio, propose un système de compréhension du modernisme. Pour lui, la civilisation moderne, ou occidentale, remonte à loin. Elle a été conçue dans le judéo-christianisme, puis elle est née, a « vu » le monde pour la première fois avec saint Thomas, croyant le vivre en le copiant. Mais a émergé ensuite la stase du baptême ; la civilisation occidentale devient alors capable de regarder le monde, et non plus seulement le voir. Son baptême se fait dans les bras de Descartes et de Galilée, qui procèdent à de profonds renversements.

  • LA CIVILISATION CAUSE D’ELLE-MÊME?

  Elle se sent dès lors capable de dépasser les Grecs, d’exercer son contrôle sur la nature, tandis que ces derniers tendaient sagement à s’y soumettre. C’est le moment de la table rase où la civilisation occidentale prend conscience d’elle-même, de son évidence. Elle se veut cause d’elle-même, sans intercession extérieure. C’est l’époque des grandes découvertes, comme de l’astronomie. C’est l’époque du communisme physique avec le monde.

  • CAUSE DE SOI OU CAUSE DE TOUT L’UNIVERS?

  Boudicca, refaisant l’histoire, postule ensuite que cette société est entrée dans la crise communielle que nous connaissons aujourd’hui du jour où, non contente de se croire cause d’elle-même, elle a sombré dans l’ivresse de se vouloir « cause de tout l’univers », en une série d’évènements majeurs : la Révolution américaine, la Révolution française, la Révolution russe, la Révolution chinoise, la Révolution technétronique. Jusqu’en 1776, la modernité se définissait seulement comme une culture supra-étatique ; après cette date, en s’incarnant dans les États-Unis d’Amérique, puis désormais la Californie, elle se consacrait civilisation de la totalité du monde et république universelle, virtuelle et puritaine. C’est l’époque du communisme psychique.

  • CIVILISATION, AUBE DE LA DÉCADENCE?

  Dès lors, conclut Boudicca, qui emprunte l’analyse spenglerienne, la « civilisation » occidentale ouvrait la porte de sa décadence, que ce soit par excès d’appétit ou naïveté de croire que ses idéaux étaient universels. Anahita acquiesce, songeant à ceux et celles qui pensent l’avant-COVID comme le stade suprême du progrès humain.

  • HISTOIRE VISIBLE, HISTOIRE INTÉRIEURE

  C’était sans doute vrai, propose-t-elle, car ce monde visible d’il y a trois semaines était sophistiqué, mais malheureusement au sens où le sophisme n’est finalement qu’une somme de jeux de mots, d’impressions, de codes temporaires, de désinformations. Un monde cependant indispensable, dans la mesure où l’histoire visible rassemble l’addition de toutes nos expériences objectivables, à charge pour nous de les choisir pour les inverser, afin de se projeter tant dans le futur que dans le passé, art de l’histoire intérieure qui nous transpose dans la dimension sphérique de toute pensée phénoménologique, à quelques encablures de l’Adam Kadmon de la Kabbale. L’orgasme mental. Alors faut-il seulement voir le monde, ou le re-garder?

(page 61 et suiv.)

ÉCOUTER l’interview d’André Archimbaud au sujet de l’ouvrage:

(Photo: Isfahan)

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